Maman
voulait que je prenne un bain. Elle ne m'a pas laissé me déshabiller tout seul.
Elle était pressée, et voilà le résultat ! J'ai la tête coincée ! Tant pis, je
vais apprendre à me débrouiller... mais TOUT SEUL !
Le petit garçon fait alors
l'inventaire des situations les plus cocasses où il peut se retrouver avec la
tête coincée dans son tee-shirt et trouve des solutions encore plus drôles !
Une hilarante façon de dédramatiser le quotidien par l'absurde.
Oh, hé, ma tête ! /
Shinsuke Yoshitake, trad. du japonais par Corine Altan.- Kaléidoscope,
2017.
La bibliothèque, c'est comme une boîte de bonbons, ce n'est pas toujours facile de choisir ! Dans la Boîte à bonbecs, nous vous présentons notamment nos coups de cœur dans la littérature jeunesse. Avec l'interview bonbecs, nous avons pris l'habitude d'inviter un auteur ou un illustrateur à piocher dans sa boîte à bonbecs. Et pour la toute première fois, nous avons demandé à un éditeur de nous faire part de ses coups de cœur!
Rudy Martel est éditeur chez Benjamins media, créateur de livres sonores dont les bibliothécaires de Chambéry sont friandes !
Salon du Livre et de la Presse Jeunesse, Montreuil, 2016. (crédit photo BM Chambéry)
- Quel est votre plus vieux souvenir de bonbec ? Les bonbons à la violette de Toulouse. J'en mangeais à chaque fois que j'allais chez une vieille tante à Boulogne-sur-Mer,dans le Pas-de-Calais. Ma vieille tante à moi, c'était deux choses : les bonbons à la violette et la pendule à coucou en forme de chalet qui scandait les heures en faisant "coucou ! coucou !".
- Quel bonbec vous a donné envie de faire ce métier ?
Je me souviens les avoir découvertes alors que je n'étais ni éditeur, ni papa, ni rien du tout, juste un journaliste-radio. Je les écoutais dans la voiture, à la maison, partout où c'était possible. A la naissance de Louise, mon premier joyau, je me suis mis à lui chanter, tout naturellement, comme ceci :
"Olélé,olélé, moliba makassi
Luka, luka
Mboka na yé
Mboka mboka kasai..."
Venait ensuite, généralement,une berceuse moins enfantine de Jehan Chardavoine, mais à la mélodie enchanteresse, extraite de la bande originale du film Tous les matins du monde :
"Une jeune fille fillette, de noble coeur,
Plaisante et joliette, de grand' valeur,
Outre son gré, on l'a rendue nonette..."
Vous voyez, c'est gai...
En guise de berceuses, je pouvais réciter également des poèmes de Louis Aragon. Mais ça, c'est une autre histoire.
- Quel est votre dernier bonbec ? Pochée de Florence Seyvos.
Je sais, c'est pas un titre récent (1994, Ecole des loisirs), mais je l'ai découvert lors du Festival du livre de Nevers (Festival littéraire Tandem) en mars dernier. L'auteur et l'actrice Noémie Lvovsky faisaient une lecture commune et c'est Noémie qui a lu le début de Pochée.
C'est l'histoire d'une tortue, Pochée, bien décidée à vivre comme une grande. Mais après la mort de son ami, Pouce, elle doit retrouver le goût de vivre. Le livre devient émouvant et drôle puisque Pochée s'envoie des lettres qu'elle écrit en faisant croire qu'elles viennent de Pouce.
Florence parle avec finesse et sensibilité de la mort, de l'absence, de la vie qui doit continuer et prendre le dessus sur le manque. Très beau roman puisque disant beaucoup, mine de rien, et sur un ton très humoristique.
- Quel bonbec avez-vous le plus partagé ou offert ? J'ai souvent offert des livres Benjamins media, notamment aux copains et copines de mes enfants qui fêtaient leur anniversaire. J'ai fait ça, jusqu'à ce que mes enfants me supplient d'arrêter. Et d'arrêter aussi d'emballer les cadeaux dans du papier journal... Moi, je trouvais ça beau, le livre emballé dans du papier journal, mais bon... Blague mise à part, y a pas un livre d'un autre éditeur que j'ai partagé plus qu'un autre. J'ai offert beaucoup de livres (commeLa ballade de Cornebique de Jean-Claude Mourlevat), beaucoup d'albums (comme ceux de Kitty Crowther par exemple), beaucoup de livres CD (les Coco de Gallimard), de BD aussi (Tétine Man, Tib et Tatoum...). "Le livre plus que le jouet", c'est ma devise.
- Quel est votre bonbec préféré dans votre production ? Mimine et Momo.
Mimine et Momo est un livre qui me touche, qui me bouleverse, même après des années d'écoute. C'est l'histoire de la rencontre des deux mains, la gauche, Momo, et la droite, Mimine. Écrite par Marie Nimier et illustrée par Thomas Baas, cette histoire douce et sensible pour enfants dès 15-20 mois est mise en voix, en musique et en chants par Elise Caron. Nimier-Caron, deux déesses de la littérature et de la chanson pour moi. Rêve impossible devenu réalité grâce au Festival livres et musique de Deauville (c'est là-bas que j'ai rencontré Marie Nimier et grâce à Marie (c'est son nom qui a convaincu Elise de travailler avec nous). C'est avec ce livre qu'Elise Caron s'est mise à la guitare. Pourquoi Mimine et Momo est mon bonbec préféré ? Parce que c'est un livre intelligent : exigeant, il élève l'enfant et va lui apprendre à mieux appréhender son corps. - En parlant de bonbec, quel est votre bonbon favori ?
Les Car en sac. Mais j'aime pas trop les bonbons en vérité. Je suis chocolâtre.
(crédit photo BM Chambéry)
- Des bonbons, il y en a de toutes sortes : caramels, sucre d'orge, bonbons au miel... et bien sûr, les bêtises !
Racontez-nous l'une de vos bêtises d'enfant. Je devais avoir moins de 10 ans et j'habitais Idron, près de Pau, dans les Pyrénées Atlantiques. J'avais des super copains : Pascal, le copain d'en face, ou Bruno, le copain dont le papa conduisait des camions de chantier jaunes. Eux, moi et d'autres, on s'est mis en tête de faire disparaître les mauvaises herbes d'un champ qui jouxtait nos maisons. Ça partait, vous voyez bien, d'une bonne intention. Ben, y a pas que les mauvaises herbes qui ont brûlé, puisque tout le champ s'est embrasé. On a bien essayé d'éteindre l'incendie, mais avec des tuyaux de jardin, c'était pas si facile... Les parents ont fini par appeler les pompiers et mon père est rentré du travail à ce moment-là. Je le revois, mon père, beau et fort comme un parachutiste du 1er RCP rentrant de son travail : tenue de camouflage, béret rouge sur la tête et main alerte. Je me suis pris, ce jour-là, la raclée de ma vie. J'ai fait d'autres bêtises bien sûr - comme jouer avec des grenades en plâtre, courir après ma sœur dans un couloir et me rentrer une poignée de porte dans le bras, faillir se noyer dans une flaque d'eau - mais aucune n'a eu autant de répercussion que celle citée plus haut.
Marius est un chat tigré qui vit dans une petite maison à la
campagne. Il est souriant, malin, curieux et serviable avec ses amis :
bref très attachant !
Chaque petit roman de la série comporte quatre histoires
courtes où la chute est toujours rigolote ! Avec de belles et grandes
illustrations sur chaque page, ce petit roman est à mettre dans les petites
mains de nos lecteurs dès le CP !
Marius le chat :
un coin de parapluie / Erwin Moser.- Casterman, 2016.
C’est l’histoire d’une
chenille. Euh… d’un ogre ! Non, d’une chenille qui se prend pour un ogre.
Elle se balade dans le jardin et croque aubergines, champignons, artichauts etc. Évidemment pour elle ce ne sont pas de vulgaires légumes mais des baleines, des
dinosaures, et même des enfants. Eh oui, c’est un ogre ! A chaque
nouveau mets elle se pare de sa couleur, comme les carottes colorent le bout du
nez de nos bambins ! Finira-t-elle par se transformer, banalement, en
papillon ou va-t-elle vers un avenir plus glorieux ?
On rit de l’arrogance
et de la méprise de cette chenille. On joue à retrouver les dinosaures et
autres animaux cachés dans les légumes. On part à la découverte du jardin et de
ses couleurs. Le ton hilarant donné par le dialogue décalé entre le narrateur
et la chenille est délicieusement servi par un dessin qui nous rappelle les
gravures d’un herbier. Bref, vous n’arriverez plus à refermer cet album.